Du chemin blanc

Le vin sud-africain en quête de qualité, d’image et surtout de prix

Depuis vingt (20) ans qu’il fait du vin, Ken Forrester s’est rarement plaint de son sort. « Nous n’avons jamais eu de mauvaise année », dit-il, « nos affaires prospèrent », a-t-il ajouté. Mais le producteur de Stellenbosch l’avoue, l’avenir de l’industrie viticole sud-africaine l’inquiète.

Accroupi au milieu de ses rangées de ceps posées sur 50 hectares au pied des montagnes, Ken Forrester soupèse délicatement quelques grappes de son produit phare.

« Regardez cette moisissure. Elle est parfaite. Cette grappe-là est prête à être cueillie », explique le sexagénaire. « Il est très important de cueillir le fruit au bon moment. Sinon, votre vin est juste banal, et un vin banal, n’importe qui d’autre peut en faire ».

Sa recette semble porter ses fruits : l’an dernier, il a vendu près de 500.000 bouteilles.

De quoi assurer largement ses fins de mois ? Pas si sûr. Car c’est là le cœur des difficultés de toute la filière sud-africaine : produire du vin ne paie pas, ou en tout cas pas assez.

« Nous avons un grave problème de prix. Nous n’arrivons pas à vendre nos vins à un prix suffisant », résume Ken Forrester.

L’organisation qui regroupe les producteurs de la région du Cap, Vinpro, a résumé d’un chiffre l’ampleur du problème : quelque 40% de ses 3.200 membres perdent de l’argent, et 900 ont jeté l’éponge au cours des 10 dernières années.

« Les producteurs sud-africains affichent un taux moyen de retour sur investissement de 2%, c’est bien trop bas pour que leur activité soit durable », confirme Edo Heyns, de Vinpro.

Source AFP

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