Rapport du REJADD et du RAIDHS

Le gouvernement répond à deux associations « fantômes »

Dans un communiqué en date du 13 février dernier, le gouvernement togolais s’est indigné des allégations de deux associations de défense des droits de l’Homme et rapportées par la presse locale. Selon ces deux associations qui rendent public un rapport bilan des manifestations politiques enclenchées par l’opposition depuis le 19 août 2017 dénoncent "plus de cent (100) morts, généralement par balles ou par
exécutions extrajudiciaires, parmi lesquels on compte des enfants, des milliers de
blessés par balles ou victimes de sauvages passages à tabac…, des milliers
d’arrestations, des milliers de déplacés et d’exilés …} »
Malheureusement, les numéros de téléphone alignés par ces associations sont curieusement inaccessibles. D’où l’indignation du gouvernement qui dénonce une affabulation incompréhensible.
Voici in extenso le communiqué du gouvernement.

COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT SUITE A LA PUBLICATION DU « RAPPORT PRELIMINAIRE » DU REJADD ET DU RAIDHS
Dans sa parution numéro 2613 du mardi 13 février 2018, le quotidien togolais privé « Liberté » a publié à la une, un titre relatif à la répression des manifestations
politiques survenues depuis le 19 aout 2017 dans notre pays en ces termes :
Nous citons :
« Plus de cent morts, des corps enterrés dans des fosses communes
Rapport explosif du REJADD et RAIDHS
Les deux ODDH relèvent des crimes de tortures, des crimes de génocide…
 ». Fin de citation

Les réseaux sociaux ont, quant à eux, repris l’intégralité du rapport visé par ce journal.
Généralement, lorsqu’un rapport de cette nature est établi sur la situation des droits de l’homme d’un pays, il est d’usage que ledit rapport soit d’abord communiqué au
gouvernement.
Tel n’a pas été le cas en l’espèce, le gouvernement togolais n’ayant été officiellement à aucun moment saisi de ce rapport.

C’est donc avec stupéfaction et indignation que le gouvernement a eu connaissance de la publication d’un tel rapport dit « préliminaire », dont la finalité serait, selon ses
auteurs, nous citons de «  mieux informer sur les actes de violences dont ils ont été les témoins oculaires, de la part des forces de défense et de sécurité à l’encontre de
citoyens aux mains nues
 ». Fin de citation

Par ailleurs, le rapport fait état, nous citons, « (du) lourd bilan provisoire de cette
répression (qui) s’établit à plus de cent (100) morts, généralement par balles ou par
exécutions extrajudiciaires, parmi lesquels on compte des enfants, des milliers de
blessés par balles ou victimes de sauvages passages à tabac…, des milliers
d’arrestations, des milliers de déplacés et d’exilés …
 ». Fin de citation.

Les signataires dudit rapport sont le Regroupement des jeunes africains pour la
démocratie et le développement (REJADD) et le Réseau africain pour les initiatives de droits de l’homme et de solidarité (RAIDHS).

Le gouvernement tient à souligner que tous les efforts déployés pour joindre ces
derniers en vue de confronter leurs sources d’informations, ont été vains, leurs contacts téléphoniques s’étant révélés inopérants.

Le gouvernement entend exprimer sa vive réprobation et sa désapprobation face aux allégations contenues dans ce rapport insultant, tendancieux et manipulateur et
voudrais situer l’opinion nationale et internationale sur le sujet.

Le gouvernement n’a jamais manqué de démontrer sa bonne foi et sa volonté de
transparence en faisant régulièrement le point sur les manifestations organisées par les partis politiques, lesquelles manifestations sont encadrées depuis novembre 2017 par un observatoire mis en place par le gouvernement et associant les organisations de défense de droits de l’homme, la commission nationale des droits de l’homme
(CNDH), les forces de sécurité et les organisateurs des manifestations.
Depuis le 19 août 2017, le bilan des morts résultant des manifestations tel qu’issu du
monitoring de la plupart des organisations de défense des droits de l’homme (ODDH) fait état diversement de neuf (09) morts (WANEP) ; dix (10) plus deux (02) morts (Amnesty international), 14 morts (CACIT) et vingt (20) morts pour les organisateurs.

En réalité ce bilan est de sept (07) morts par balles et sept (07) morts pour diverses
causes dont deux (02) militaires égorgés.

Il en résulte que les chiffres avancés dans le rapport du REJADD et du RAIDHS n’ont
aucune commune mesure avec la réalité. De plus, toutes les supputations relatives aux milliers d’arrestations, aux milliers de blessés par balles, de l’existence de fosses
communes, d’exécutions extrajudiciaires, d’enlèvements et disparitions contenues dans le rapport, sont dénuées de tout fondement et ne reposent sur aucune preuve palpable.

C’est pourquoi le gouvernement ne saurait admettre que des allégations de nature à
troubler la paix et la cohésion sociale viennent, une fois de plus, remettre en cause les efforts qui sont inlassablement entrepris pour renforcer les acquis en matière de droits de l’homme dans notre pays et créer les conditions optimales d’un meilleur vivre ensemble.

Le gouvernement s’indigne, rejette fondamentalement ces allégations et déplore par
conséquent, les affirmations tendancieuses et irresponsables des deux organisations
auteurs dudit rapport et appelle toutes les organisations de défense des droits de
l’homme à plus d’objectivité et de professionnalisme dans l’accomplissement de leur
mission.

Le gouvernement se réserve le droit de donner au moment opportun une suite
judiciaire au contenu de ce rapport.

Fait à Lomé, le 13 février 2018
Le gouvernement

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

Du même auteur

Soutenir par un don