Objectifs du Millénaire pour le Développement

L’Afrique pourra t-elle les atteindre d’ici 2015 ?

Le rapport annuel de suivi des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) 2011, publié le 12 juillet, confirme une croissance constante des pays en développement, plus précisément l’Asie, ce qui devrait contribuer à réduire de moitié l’état de pauvreté planétaire. Et, L’Afrique subsaharienne, dont le taux de pauvreté est le plus extrême, descendrait en dessous de 36%, contre 58% en 1990. Les nouvelles très encourageantes pour l’Afrique contenues dans ce rapport sont contrebalancées par plusieurs constatations. Le continent est encore loin d’avoir atteint les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les taux de croissance restent inégaux entre les divers pays africains.

L’absence ou le niveau rudimentaire des infrastructures, le fort taux d’analphabétisme, la malnutrition, l’insuffisance alimentaire, le taux élevé de la mortalité infantile, l’insuffisance de la couverture sanitaire, une courte espérance de vie, sont les caractéristiques du sous développement.
Longtemps, les experts ont débattu ce sujet afin d’établir les causes. Pour certains, la colonisation et le néo-colonialisme en sont les raisons majeures. Ce même camp soutient la théorie selon laquelle l’exploitation des pays sous-développés par les pays riches est une des raisons principales du sous développement. D’autres théories soutiennent les thèses des facteurs limitatifs internes comme les ressources naturelles, le niveau d’éducation, le manque d’infrastructures, le faible taux de productivité, la faiblesse de la formation du capital, les investissements, etc.

Certes, la colonisation a pillé les ressources africaines, créé des tensions entre groupes ethniques dans certains pays, détruit les mœurs et les cultures. Cependant, la plupart des pays africains sont indépendants depuis 1960. Cinquante ans d’indépendances qui auraient permis d’établir les bases d’un développement durable ou au grand minimum permettre à ces pays africains d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. La perpétuation du sous-développement traduit l’incapacité des pays africains à assumer leur devenir et de créer les bases solides pour le développement.

La mauvaise gouvernance

C’est le cancer africain et plus de 80% des causes actuelles du sous développement, de la pauvreté absolue, des famines, des guerres et de tous les maux africains.
La mauvaise gouvernance se traduit par la corruption, l’inefficacité, l’irresponsabilité et l’incompétence administratives, la bureaucratie, le laxisme, la mobilisation des ressources du pays à des fins personnelles ou politiques, l’impunité sous toutes ses formes, l’absence de démocratie.

Le système éducatif

Même si l’ONU estime que seul l’objectif concernant l’éducation pourrait être atteint dans quatre ans, il est nécessaire de remettre en cause le système d’enseignement.
Les pays africains doivent-ils continuer à adopter les curriculums des pays qui les ont colonisés ou doivent-ils créer des curriculums qui répondent à leurs besoins ?
L’éducation doit servir comme une force pour aider les pays africains à se développer et non pas la production d’élites intellectuelles uniquement. Le taux de succès au baccalauréat est moins de 50% dans la plupart des pays francophones et la formation reste très théorique et inadaptée.
Si l’éducation doit former des gens capables d’assumer la demande technologique et intellectuelle du développement, l’Afrique a besoin de techniciens à tous les niveaux.
De nos jours, force est de reconnaître que plusieurs pays africains ne fabriquent même pas un simple vélo. Pourtant, dans les pays développés ceux qui fabriquent les vélos ou motos sont des gens qui ont reçu une éducation moyenne et professionnelle, axée sur la créativité et la réalisation de choses concrètes.

Une classe intellectuelle peu engagée

Etre éduqué dans certains pays d’Afrique est un privilège si on tient compte du fort taux d’analphabétisme. L’intellectuel peut donc être un agent de transformation sociale, s’il s’implique pour la cause des autres.
En Afrique, chaque village ou région pauvre a plus ou moins produit des intellectuels, qui s’ils se penchaient sur les problèmes de leurs localités d’origines pourraient aider celles ci à se développer. Au contraire, tout le monde pense que cela incombe au gouvernement.
Le poids des traditions dans les villages
Tous les problèmes dans les villages qui apparaissent comme des freins au développement résultent du manque d’éducation. Dans la plupart des villages d’Afrique plus de la moitié des populations sont analphabètes. De ce fait, on assiste à la destruction de l’environnement par la pratique des terres brûlées et
la coupe abusive du bois. Du point de vue social, la planification familiale est un facteur de blocage pour le développement. En effet, la plupart des villageois sont polygames et possèdent en générale une famille de plusieurs enfants. La question de la scolarisation de ces enfants est un vrai problème. A cela, il faudra ajouter les coûts de l’alimentation.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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