Gerry Taama, président du Nouvel engagement togolais (NET)

Dans la foulée des voeux de Nouvel an

Gerry Taama insiste : « La seule solution reste le dialogue »

A l’instar des présidents des différents partis politiques, celui du Nouvel engagement togolais (NET), Gerry Taama n’a pas dérogé à la tradition. Il a également présenté ces vœux de nouvel an à ses militants et aux Togolais.
Dans son message, il veut que les acteurs de la crise politique prennent de la hauteur et envisagent des approches de solutions nécessaires à la construction d’une confiance durable au Togo.

Voici en intégralité le message !

VŒUX DU PRÉSIDENT NATIONAL DU NET AUX TOGOLAIS POUR L’ANNÉE 2018

Togolaises et Togolais, mes chers compatriotes

L’an 2017 s’en est donc allé. C’était, il faut le dire, une année de grands enjeux. Après avoir passé les six premiers mois dans une relative apathie, les évènements se sont accélérés à compter du mois d’août 2017. Et depuis maintenant cinq mois, la vie socio-politique du Togo semble s’être arrêtée, conduisant notre pays à passer ces fêtes de fin d’année plus divisés que jamais.

Il est vrai que les perspectives peuvent sembler bien moroses en ce début d’année 2018, vu la relative impasse dans laquelle semble nous avoir plongés la crise politique. En effet, depuis le 19 août 2017, les Togolais sont dans la rue. Du nord au sud, de l’Est à l’Ouest et hors de notre territoire, des milliers de Togolais défilent dans l’espace publique, qui pour demander les réformes politiques, (constitutionnelles et institutionnelles) qui pour réclamer la justice sociale et la bonne gouvernance. L’ampleur de cette mobilisation tout azimut est un indicateur du malaise social qui caractérise notre société.

Face à cette crise politique doublée d’un climat social délétère, la solution n’est ni uniquement politique, ni exclusivement juridique. Elle est patriotique. Ainsi que le NET l’a toujours soutenu depuis son communiqué de presse en date du 8 octobre, tous les acteurs de la crise politique doivent prendre de la hauteur, et envisager des approches de solutions intégrant tous les ingrédients nécessaires à la construction d’une confiance durable.

En réalité, cinq mois après le démarrage des grandes mobilisations, le constat aujourd’hui est clair. Les marches n’ont pas la capacité de faire succomber les institutions par leurs seules organisations, mais elles ne perdent pas complètement leur vitalité non plus, causant aux personnes vulnérables et au secteur privé ainsi qu’à l’image du pays à l’extérieur, des dommages parfois irréversibles, sans véritablement atteindre le confort des cadres du parti au pouvoir. La seule solution reste le dialogue. Un dialogue entre Togolais, dépouillé de faux-fuyants, de tabous et de calculs politiciens. Un dialogue où l’identité des acteurs importe moins que les engagements qui seront pris à l’issue des discussions. Ainsi que nous n’avons cessé de le dire, le NET ne quémande pas de dialogue, mais dispose de son corps de propositions pour des réformes constitutionnelles et institutionnelles.

Pour le parti politique que je préside et pour moi-même, l’an 2018 devrait être aussi celui d’une révolution au Togo. La révolution des mentalités. Toi, le fonctionnaire, qui te plains de ton salaire, mais qui pourtant ne fait même pas la moitié de la journée au travail, il faut se révolter. Toi, l’agent chargé de réguler la circulation, qui te plains de ton statut, mais qui rackette les usagers, il faut se révolter. Toi, l’agent de santé, qui reçoit mal, soigne mal, planque des médicaments, tout en plaignant de ta situation, il faut te révolter. Toi l’enseignant, qui tout en réclamant de conditions améliorées de travail et de vie, donne de meilleurs cours à la répétition que dans ta classe, il faut te révolter. Toi, le grand cadre d’État, directeur, ministre et que sais-je encore, qui dispose d’un budget personnel supérieur à celui ton ministère ou de ta direction, il faut te révolter. Toi, agent du secteur privé, qui torpille par des manipulations ta propre société, en te plaignant de ton salaire, il faut changer. Et nous, hommes et femmes politiques, nous par qui les choses peuvent bien aller comme elles peuvent se désagréger, nous devons faire notre révolution personnelle et sortir de nos calculs politiciens. Nous pourrions avoir au Togo le meilleur président du monde, même Obama pourrait être notre président, mais si nous-même Togolais nous ne changeons pas de mentalités, nous ne sauverons pas notre pays.

L’an 2018 connaîtra deux élections majeures. Les élections locales, qui sont capitales pour notre développement endogène, et les élections législatives qui seront les premières marches de l’accession de l’opposions au pouvoir en 2020. Nous devrions nous atteler, avec détermination et stratégie, pour prendre part à ces consultations avec la ferme résolution de les gagner, afin de permettre au parti qui gouverne ce pays depuis des dizaines d’années, de goûter aux joies de l’opposition.

Je voudrais donc, à l’orée de cette nouvelle année 2018, prendre plaisir à partager avec vous, Togolaises et Togolais, tous mes vœux de paix intérieure, de santé et de bonheur en famille.

Ces vœux vont particulièrement aux forces armées togolaises qui tentent de ramener la paix dans des contrées lointaines, au péril de leur vie.

A tous les Togolais qui souffrent dans leur chair, mes vœux de bon rétablissement.

A tous ces autres Togolais qui ont bravement exprimé leur désir d’une autre vie par la rue, ou d’autres formes de protestations, votre mobilisation a été forte et a ouvert des portes. Il est désormais temps de s’asseoir et discuter pour le bonheur des Togolais. Que Dieu le Tout Puissant nous assiste.

Togolaises et togolais, bonne et heureuse année 2018.

Gerry TAAMA, président du NET

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