Universités togolaises

EQUIVALENCE DIPLOMES

Pendant ces dernières semaines de bras de fer entre étudiants, autorités de l’Université de Lomé et Gouvernement, les premiers ont longtemps crié à l’incompréhension du fait d’étudier, passer les examens mais ne pas se voir délivrer les diplômes. En réponse, l’Université réplique qu’il s’agissait d’une question de logistique appelant à un consensus sur la nature du diplôme à délivrer. En réalité, la question se pose à cause de l’intrusion du système Licence-Master-Doctorat (LMD) dans l’enseignement supérieur. Rompant avec le système classique qui ne posait pas de problème jusque-là, le LMD se veut une révolution à tous les niveaux. Avec la reprise des cours sur le campus de Lomé, les étudiants devront retrouver l’équivalence à établir entre les diplômes du système LMD et ceux du système classique dans lequel on retrouvait cinq piliers : le DEUG (Bac+2), la Licence (Bac+3), la Maîtrise (Bac+4), le DEA et DESS (Bac+5) et le Doctorat (Bac+8).

Automatiquement, avec la nouvelle architecture en trois grades, des piliers doivent disparaître. Entre la Licence, le Master et le Doctorat, il faudra désormais marquer un arrêt respectivement de 3 ans, 5 ans et 8 ans d’études après le Bac, dans le LMD. Le chamboulement nécessite naturellement une reconsidération dans la Fonction publique. Officieusement, les détenteurs de la Licence LMD pourront être classés en catégorie A2, ceux du Master et du Doctorat en catégorie A1 de l’administration publique, avec tous les droits et avantages rattachés. Dans l’ancien système, et ce jusqu’au début des années 2000, tous les étudiants ne s’arrêtaient qu’à la Maitrise. A moins d’avoir une situation aisée qui t’ouvre la voie de l’extérieur. Après, une minorité accédait aux DEA, DESS et Doctorat, tous des diplômes classés en catégorie A1. Alors qu’avec la Maîtrise, on est recruté dans la catégorie A2. Dans le nouveau système, on peut projeter que beaucoup d’étudiants mettront un terme de leur cursus à la Licence qui devient le premier diplôme universitaire avec le LMD. Laquelle Licence classique est classée dans la catégorie B. Ce qui ne répond plus aux caractéristiques de la Licence LMD marquée par un niveau de spécialisation supérieure à celui d’un détenteur de la Maîtrise classique avec ses connaissances encore générales. Deuxièmement, les curricula de la Licence LMD constituent un condensé des quatre années d’études de la Maîtrise classique et la spécialisation par les unités ‘enseignement d’approfondissement, les unités d’enseignement de spécialité et les unités d’enseignement transversales pour la professionnalisation du parcours, les stages, séminaires et activités de recherche (mémoire, thèse).

Officiellement, le système LMD est amorcé au Togo en 2005 et institué par décret le 21 juillet 2008. Il est appliqué à Lomé en trois étapes : semestrialisation des cours et des examens (2006-2008), mise en œuvre des unités d’enseignement (2008-2009) et basculement total dans le LMD (2009-2010). Pendant qu’à Kara, il y est introduit depuis 2007 par la Faculté des sciences et techniques, avant que toute l’université ne soit absorbée à la rentrée 2009-2010.

A propos de l'auteur

Late Pater

Il est rédacteur au journal L’Union pour la Patrie et au site web Pa-lunion.com

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