Entretien avec Jean-Paul AGBO-AHOUELETE, président du CONAPP.

« 2016, c’est la consécration des JPO de la presse »

Du 15 au 17 décembre dernier, le centre Blue zone de Cacavéli (Lomé) a accueilli la troisième édition des Journées portes ouvertes (JPO) de la presse togolaise. L’événement était organisé par Le Conseil national des patrons de presse (CONAPP) et portait pour thème Médias, laïcité et dialogue inter-religieux. Avec le président du CONAPP, M. Jean-Paul AGBO-AHOUELETE, nous faisons le point des activités ayant marqué cet acte III de cette grande messe de la presse togolaise.

Pa-lunion : Quel bilan faites-vous de la troisième édition des JPO de la presse togolaise ?

Jean-Paul AGBO-AHOUELETE : C’est un bilan satisfaisant après l’édition de 2014 qui a été une innovation dans l’agenda médiatique de notre pays et celle de 2015. 2016, c’est la consécration vu l’engouement suscité, vu l’intérêt du public par rapport aux activités qui étaient prévues au cours de cette édition. Elle a servi à un cadre de dialogue sur le travail de la presse et sur le devenir de notre profession.

Quelle appréciation faites-vous aujourd’hui de la pratique du journalisme au Togo ?

La presse togolaise évolue dans un cadre libéral, l’un des plus libéraux de la sous-région. Le cadre législatif et réglementaire est plutôt à notre avantage ; mais nous sommes confrontés à un certain nombre de difficultés qui sont nos défis de demain. Ça a été rappelé pendant les états généraux et a été la base d’un certain nombre de recommandations qui aujourd’hui malheureusement ne sont pas mises e œuvre. C’est le défi de la professionnalisation ; de la formation parce aujourd’hui beaucoup de journalistes sont formés sur le tard et il n’y a pas encore véritablement d’instituts, d’école qui fournissent au secteur, de vrais professionnels. Il y a aussi le problème de moyens financiers : beaucoup de journalistes vivent dans la précarité ; il faut trouver des moyens de mieux insérer les organes de presse dans le tissu socio-économique pour pouvoir accéder à un certain nombre de ressources. Je ne parle pas simplement de l’aide de l’Etat à la presse parce que nous sommes avant tout des entreprises qu’on ne peut faire vivre uniquement sur la base de cette aide qui est un appoint dont le niveau doit être relevé (de 100 millions, il faut le porter, comme les recommandations l’ont voulu, à 500 millions). Mais ça ne suffira pas : il faut aussi donner confiance aux partenaires, aux annonceurs pour qu’ils viennent massivement investir dans la presse et lui permettre d’être prospère et aux journalistes, de vivre décemment.

Un mot de fin à l’endroit des professionnels de médias ?

Je leur dirai beaucoup de courage et d’abnégation. Il est vrai que ce n’est pas un métier qui nourrit son homme et qui génère beaucoup de difficultés mais qui nécessite beaucoup de passion. Quand on choisit le journalisme, on ne le fait pas pour l’argent, mais par passion : c’est pour servir la communauté dans laquelle on vit. J’appelle tous les confrères à cette détermination mais avec cette volonté de faire en sorte que la presse soit prospère et vraiment professionnelle.

A propos de l'auteur

Ghislain A.-K.

Jeune journaliste, il est un rédacteur du site d’informations pa-lunion.com

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